Le SNI souhaite un meilleur soutien pour les artisans : un know how risque de se perdre

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Le SNI souhaite un meilleur soutien pour les artisans : un know how risque de se perdre

A l’occasion de la 13ème journée de l’artisan de ce dimanche 17 novembre, le SNI a procédé à une enquête auprès de quelque 218 artisans. L’organisation de défense des indépendants fait le constat que les artisans exercent leur métier avec passion mais qu’ils ont souvent des difficultés pour en vivre. « Ils ont véritablement des mains en or mais trop peu souvent de l’or dans les mains ». 6 artisans sur 10 exercent leur activité à titre complémentaire et 90% d’entre eux gagnent moins de 500 euros nets par mois. Le SNI a longtemps plaidé pour un label pour les artisans certifiés. « Ce label belge existe depuis 2016. C’est un bon début. Il faut maintenant conférer des avantages à ce statut ». Le SNI envisage à terme un taux de TVA réduit lié à cette certification. « Dans un contexte de prise de conscience de la durabilité des comportements d’achat, l’artisanat prend également tout son sens. Ce sont des produits de proximité, non délocalisables et durables. »

Des passionnés  

Ce dimanche 17 novembre a eu lieu la 13ème édition de la Journée de l’Artisan. Une occasion pour le SNI d’interroger environs 200 artisans. « Si on doit les définir en un mot, ce serait passion. L’artisanat s’est fortement diversifié au cours de ces dernières années. A côté des traditionnels métiers de bouche (boulanger, boucher...) ou de la construction (menuisier, ébéniste…), on voit (ré)apparaitre des métiers très spécifiques. Les artisans recherchent de plus en plus des niches, tant en termes de produits que de consommateurs. » Pour le SNI, il y a malheureusement un revers à la médaille. « Nombre d’entre eux ont des difficultés pour vivre uniquement de cette activité artisanale. Beaucoup l’exercent d’ailleurs à titre complémentaire (près de 6 sur 10) ». Ainsi, « on peut dire que si les artisans ont des mains en or, ils n’ont pas de l’or dans les mains. » Selon l’enquête, quelque 90% gagnent en effet moins de 500 euros nets par mois.
Autre constat fait par le SNI : l’âge moyen des artisans est assez élevé. 7 artisans sur 10 ont en effet plus de 40 ans. « A terme, c’est un tout un know-how qui risque de disparaitre ».

Des aides spécifiques

Le SNI a longtemps plaidé pour l’instauration d’un label d’artisan certifié. « Il existe maintenant depuis 2016. S’il s’agit indéniablement déjà d’une aide précieuse pour se démarquer et obtenir une reconnaissance de la part du consommateur, il faut aujourd’hui lui donner du corps. » Le SNI demande donc qu’un artisan certifié puisse bénéficier d’aides spécifiques lié à ce statut. « Nous allons ainsi réclamer une réduction de TVA à 6% pour l’ensemble des artisans certifiés. Il faut en effet pouvoir élargir ce taux, aujourd’hui réservé à certaines activités comme l’alimentation, la réparation de vélos ou les cordonneries, à toutes ces professions. » 

Selon le SNI, l’artisanat prend tout son sens dans le contexte d’une société qui prend graduellement en compte la durabilité et l’écologie. « Le consommateur est de plus en plus sensible à la provenance, aux conditions de fabrication et à la qualité des produits. Ce sont là tous des éléments dans lesquels les artisans se distinguent. » Le SNI met également en avant la nécessité de garder un know how particulier en vie. « L’artisanat, ce sont des emplois locaux non-délocalisables. Promouvoir l’artisanat, c’est faire en sorte que ce savoir-faire et l’emploi qui y est lié continuent à vivre et à florir localement ».

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