21 pourcents de tous les indépendants gagnent moins que le seuil européen de pauvreté

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21 pourcents de tous les indépendants gagnent moins que le seuil européen de pauvreté

Selon ce qu’il ressort d’une analyse du SNI basée sur les statistiques de l’Institut national d’assurances sociales pour travailleurs indépendants (INASTI), 1/5ème des indépendants à titre principal ont perçu en 2017 un revenu inférieur à 1.139 euros par mois, c’est-à-dire le seuil européen de pauvreté pour les isolés. La proportion d’indépendants à titre principal dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté a à peine évolué en cinq ans, puisque en 2012, 22 pourcents des indépendants à titre principal se trouvaient dans cette situation. Celle -ci est en partie liée à une protection sociale beaucoup trop limitée précipitant les indépendants dans les difficultés, mais elle est surtout due au fait que les indépendants ne disposent d’aucun filet de sécurité lorsqu’ils sont désireux de cesser leurs activités et ils continuent de ce fait à travailler jusqu’ils se voient obligés de déposer le bilan. “C’est la raison pour laquelle le SNI plaide en faveur de l’octroi d’une allocation de chômage à part entière pour les indépendants, afin qu’ils puissent disposer de la marge de manœuvre financière nécessaire pour se réorienter vers un nouveau défi professionnel”, dit Christine Mattheeuws, la présidente du SNI.

Les personnes qui pensent que tous les indépendants gagnent bien leur vie devraient revoir leur copie. Au moins 148.489 indépendants à titre principal ont eu en 2017 des revenus inférieurs à 12.500 euros par an, ce qui représente un montant encore un peu inférieur à celui du seuil européen de pauvreté qui est de 13.668 euros pour les isolés. Les revenus des indépendants dont il est ici question sont des revenus professionnels bruts, après déduction des dépenses professionnelles et des charges professionnelles, et on peut les comparer avec le salaire net des travailleurs salariés. 21 pourcents de l’ensemble des indépendants à titre principal ont donc perçu l’année dernière des revenus qui n’ont même pas atteint ce seuil de pauvreté. En outre, il est étonnant de constater que la proportion d’indépendants à titre principal ayant perçu des revenus inférieurs au seuil de pauvreté n’a quasiment pas diminué. En effet, en 2012, 22 pourcents des indépendants à titre principal se trouvaient aussi dans la pauvreté .

Le SNI attribue en grande partie la responsabilité de cette situation à l’absence d’une protection sociale correcte pour les indépendants rencontrant des difficultés. Les indépendants peuvent depuis le 1er janvier 2017 percevoir une allocation via le droit-passerelle (entre 1.253,83 euros et 1.566,79 euros par mois pendant 12 mois, selon qu’ils aient ou non une charge de famille) s’ils rencontrent des difficultés ou s’ils font faillite, mais ses conditions d’octroi sont strictes. En effet, pour pouvoir bénéficier de cette allocation, un indépendant doit soit avoir fait faillite, soit avoir cessé son activité commerciale en raison d’une catastrophe naturelle, d’un incendie ou d’une allergie, soit encore être dans une situation économique précaire (qui est démontrée par le fait qu’il bénéficie d’un revenu d’intégration, qu’il est dispensé du paiement des cotisations sociales ou qu’il a perçu un revenu annuel inférieur à 13.847,39 euros). Les 148.489 indépendants à titre principal qui se trouvaient en dessous du seuil de pauvreté en 2017 auraient pu en théorie prétendre au droit-passerelle. Cependant, dans la réalité, seuls environ 500 entrepreneurs on fait appel au droit-passerelle.

“Les indépendants se rendent compte quand leur commerce périclite, mais ils doivent désormais attendre de toucher le fond pour pouvoir compter sur de l’aide et ce n’est pas logique”, constate Christine Mattheeuws, la présidente du SNI. Les indépendants qui ont suffisamment contribué mais qui ont besoin, pour des raisons économiques, d’une nouvelle orientation devraient avoir le droit de bénéficier d’une allocation de chômage leur permettant de surmonter cette période difficile. Diverses propositions de loi en ce sens se trouvent pour le moment à la Chambre et ce gouvernement, voire probablement le suivant, devra s’en occuper. Le SNI est en tout cas un fervent partisan de cette mesure.

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