Digitalisation : les professions du chiffre risquent d’être à la traîne

Digitalisation : les professions du chiffre risquent d’être à la traîne

Il ressort d’une étude menée par le SNI et le Forum for the Future, à laquelle 1069 professionnels du chiffre de tout le pays ont participé, que seul 12 pourcent des bureaux de comptables et experts-comptables ont entièrement adopté la digitalisation. Pourtant, cette transition digitale est, selon les professionnels du chiffre, le deuxième défi le plus important auquel ils seront confrontés ces prochaines années. « Ceci se reflète dans l’e-facturation, dont les professions du chiffre ne sont toujours pas ‘fan’ » explique Christine Mattheeuws, présidente du SNI. Même les bureaux « sans papier » ne sont toujours pas une évidence dans le secteur et ils sont, d’ailleurs, loin d’en devenir une. « C’est la raison pour laquelle le Forum for the future (FFF) se mobilise tant autour de cette facture électronique. Des initiatives à l ‘échelle du secteur seront d’ailleurs prochainement annoncées » complète Emmanuel Degrève, Président du FFF.

Les professionnels du chiffre doivent rapidement faire le pas vers la digitalisation, du moins c’est ce qu’on estime. Pourtant seuls 12 pourcent des professionnels du chiffre ont déjà digitalisé entièrement leur bureau alors que 52 pourcent l’ont déjà fait partiellement. 14 pourcent des professionnels du chiffre n’ont d’ailleurs pris aucune mesure pour digitaliser leur bureau. Après le renforcement de leur expertise suite à la complexité réglementaire croissante, le secteur est d’avis que la digitalisation est le défi le plus important à relever pour ces prochaines années. Cependant, 9 pourcent des professionnels du chiffre considèrent la digitalisation comme une menace pour leur profession alors que 16 pourcent déplorent, de leur côté, que la digitalisation entraînera des coûts supplémentaires.

Dans ce secteur, les bureaux « sans papier » forment, en ce moment, plutôt l’exception que la règle. La moitié des comptables, experts-comptables, commissaires au compte et fiscalistes signalent toutefois que leur bureau a éliminé près d’un quart de papier au cours de ces dernières années, ce qui est significatif. Seulement 8 pourcent des professionnels du chiffre ont digitalisé trois quarts - voir plus - de leur dossiers. Cette réalité est dû en majeure partie aux clients, dont la plupart préfère encore introduire des documents sur support papier, et ce parfois par facilité. 

Dans cette optique, on comprend mieux pourquoi la plupart de ces professionnels ne sont pas très enthousiastes de la facturation électronique. D’une étude de l’Agence pour la Simplification Administrative (ASA), il ressort que 66 pourcent des professionnels du chiffre sont d’avis que leur client n’est pas prêt de faire le pas vers la digitalisation, alors que 55 pourcent sont d’avis que la facturation électronique équivaut la facturation sur support papier. 56 pourcent des professions économiques estime que l’e-facturation entraîne d’avantage de travail et seul 14 pourcent comptent introduire rapidement la facturation digitale auprès de leurs clients. Il n’est donc pas du tout étonnant que l’e-facturation n’a pas fait beaucoup de progrès en 2016.

Dans ce contexte, la promotion de la facture électronique ne pourra éclore que moyen une initiative concrète et volontaire des professions économiques si on ne veut pas que la facturation électronique continue, ces prochaines années, à faire du surplace. « Le secteur doit opter pour la digitalisation et exercer sa fonction d’ambassadeur auprès de ses clients. Il devrait probablement en être même l’architecte digital », concluent Christine Mattheeuws, présidente du SNI et Emmanuel Degrève, président de la Fondation forum for the Future. « Ce sera une toute autre manière de travailler, et en prenant le leadership, les professions économiques pourront certainement conserver leur rôle moteur et référent en matière d’accompagnement des entreprises, aujourd’hui et demain » .

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